Je fais partie du club des mamans césariennées *ceci est un nouveau mot de mon cru*. J’ai accouché à 33 semaines d’un bébé avec un important retard de croissance . Les médecins n’ont pas pris de chance de tenter un accouchement par voie basse; ils ont directement choisi la césarienne.

Je n’étais pas triste. Je n’étais pas fâchée. Je n’étais pas déçue. 

Pendant la grossesse, on lit plein de trucs et du coup, on s’imagine notre accouchement. C’est inévitable, on se fait des plans. On veut accoucher le plus naturellement possible, avec de la musique d’oiseaux qui gazouillent en backgroung. On veut accoucher dans l’eau avec un diffuseur d’huile essentielle à la lavande et un massothérapeute qui nous fait des points de pression qui font passer les contractions comme dans du beurre. On veut que notre chum nous presse une serviette de lin biologique humidifiée à l’eau de coco dans le visage tout en faisant des incantations magiques hypnotiques. On veut faire du peau à peau dans une chambre peinte en blanc  avec des pousses de bambou. Bref, on veut vivre un moment. Tsé,  THE moment… et bien souvent, ça ne se passe pas du tout comme ça. On avait prévu accoucher avec les rayons du soleil qui nous chauffent le visage, mais il est 2hrs du matin. On avait prévu un accouchement avec le moins de produits chimiques possible, mais finalement , ça fait vraiment vraiment VRAIMENT mal et on hurle après 10hrs de travail que  « CHÉRI,  JE VEUX LA PÉRIDURALE MÊME SI JE T’AI DIT Y’A UN MOIS DE NE PAS M’ÉCOUTER SI, EN PLEINE CONTRACTION, JE  LA DEMANDAIS?? ». On voulait pousser en une quinzaine de minutes en faisant la respiration apprise aux cours prénataux,  mais finalement on a le bassin pas tout à fait assez large pis ça prend une césarienne, d’urgence.

Tout ça pour dire que, si certaines sont ultra chanceuses et vivent l’accouchement parfait décrit dans les livres, d’autres (beaucoup) vivent quelque chose de totalement différent de ce à quoi elles s’attendaient. Et pis, elles sont déçues, amères : elles ont raté leur accouchement. Raté. Vraiment?!

Je ne suis pas d’accord. Du tout. Un accouchement,  ça ne se rate pas. Peu importe les complications et les revirements de situations, vous, les moms,  vous ne devriez pas être fâchées, tristes ou endeuillées face à votre accouchement pas parfait pentoute. Parce que d’une façon ou d’une autre, vous avez mis un être vivant au monde. Une merveille. Un enfant, VOTRE enfant. De grâce,  arrêtez de parler de cette événement comme une chose « ratée »! Les livres, les films et les récits de la belle-soeur qui a eu un accouchement avec-des-arc-en-ciels-pis-des-papillons-partout , c’est ben beau, mais la vie, c’est imprévisible. Peu importe de quelle façon ça s’est passé,  le bébé est sorti? Vous avez RÉ-U-SSI.  C’était ça le but au départ, non?

J’ai été alitée 10 semaines. J’ai été hospitalisée. J’ai dû avoir une césarienne 7 semaines trop tôt. Mon bébé avait un retard de croissance. Il a été hospitalisé un mois. Ouin pis? Je n’ai rien raté du tout. Parce que tout ça, c’a fait de moi une maman!

 

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Césarienne, rencontre avec mon bébé de 3 livres deux heures plus tard, prématurité,  incubateur… anyway, plus beau jour de ma vie ❤

1 réponse

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  1. […] La césarienne, c’est souvent un peu vu comme le diable. Oubedon « l’yâble en personne ». On a tous déjà entendu des histoires d’horreur concernant cette intervention chirurgicale qui, avouons-le, constitue la bête noire de plusieurs mamans et futures mamans. Plusieurs la considèrent même comme un échec, comme un accouchement raté et ont énormément de difficulté à l’accepter. J’ai d’ailleurs écrit un texte là-dessus il y a deux ans et il se retrouve juste ici. […]

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