Ma césarienne pas tant diabolique que ça

J’ai eu une césarienne.

En fait, je n’en ai pas eu une, j’en ai eu deux.

Pis j’y ai survécu. Sans problème.

La césarienne du diable

La césarienne, c’est souvent un peu vu comme le diable. Oubedon « l’yâble en personne ». On a tous déjà entendu des histoires d’horreur concernant cette intervention chirurgicale qui, avouons-le, constitue la bête noire de plusieurs mamans et futures mamans. Plusieurs la considèrent même comme un échec, comme un accouchement raté et ont énormément de difficulté à l’accepter. J’ai d’ailleurs écrit un texte là-dessus il y a deux ans et il se retrouve juste ici.

Là, maintenant, je ne vous ferai pas un speech sur l’acceptation de son type d’accouchement pis toute. Je vais juste vous raconter de quelle façon j’ai accouché de mon deuxième enfant, en vous disant les vraies affaires, telles que je les ai vécues de mon point de vue de maman. J’vous promets que je n’utiliserai pas les termes « tsé, fille » qui, j’ai aucune idée pourquoi, se retrouvent dans chaque article que je lis sur la césarienne. J’vous promets aussi que je ne vais pas vous faire un récit d’horreur ni faire peur à personne. Checkez ben ça!

L’intervention

J’ai eu une césarienne à mon premier bébé. Il était prématuré et son cœur connaissait des décélérations. Du coup, pour son bien-être et sa santé, il a été décidé que j’accoucherais par césarienne. C’tait pas le plan que je m’étais fait dans ma tête, mais si la vie de mon bébé en dépendait, je vivais très bien avec l’idée. Lorsque j’ai entamé ma deuxième grossesse, je savais que j’aurais le choix de tenter l’AVAC (Accouchement Vaginal Après Césarienne) ou de choisir d’avoir une deuxième césarienne. Ça toujours été clair dans ma tête que j’irais vers le deuxième option. Pas parce que j’avais peur d’accoucher naturellement, pas parce que j’y allais vers le voie « facile » (c’est pas comme si c’était SI facile que ça), mais plutôt parce que je l’avais déjà vécu, je savais dans quoi je m’embarquais et que pour super chum-papa et moi, c’était l’avenue qu’on considérait comme étant la moins risquée.

Les gynécologues étaient plus ou moins de mon avis. Les deux que j’ai rencontrés m’ont clairement signifié que j’étais la candidate parfaite pour l’AVAC et que je devrais vraiment le tenter ou du moins, y penser sérieusement. Finalement, la vie m’a donné raison; la mesure de mon segment inférieur était vraiment beaucoup trop mince pour que je puisse tenter l’AVAC et mon bébé a été positionné en siège tout le long de ma grossesse. Ma césarienne a donc été planifiée à 38 semaines et 6 jours.

Lorsque le grand jour est arrivé, j’étais d’un calme quasiment olympien. Moi, l’angoissée, je respirais presque la zénitude. Une vraie de vraie Gandhi de la césarienne. À 7h du matin, super chum-papa et moi étions à l’hôpital, prêts à l’action. À 7h30, j’étais nommée au bloc opératoire. On m’a fait signer quelques papiers, on m’a donné mon uniforme officiel – bonnet, jaquette, robe de chambre, bas et pantoufle -, on m’a brièvement expliqué le set-up, super chum-papa a lui aussi revêtu son habit du parfait infirmier et hop, on transférait en salle d’opération.

Là-bas, tout le monde était calme. Tsé, toi tu t’en vas te faire ouvrir le ventre pour faire naître un bébé, c’est tout un happening! Cependant, pour le personnel hospitalier, c’est comme une intervention de routine. Fait qu’ils se racontaient leur fin de semaine à venir pis leur voyage humanitaire au Zimbabwe pendant qu’ils me préparaient à la venue plus qu’imminente de bébé Jérôme. L’anesthésiste m’a expliqué ce qui allait se passer puis il a fait ma rachidienne (une épidurale plus profonde genre). Ensuite, la gynécologue est venue me saluer en me disant qu’elle allait essayer d’arranger ma première cicatrice de césarienne (qui est particulièrement pas tant belle. Merci Madame). Super chum-papa a ensuite pu faire son entrée dans la salle d’opération et puis l’intervention a commencé.

Pour vrai, ça fait zéro mal sur le coup. C’est juste étrange de sentir que quelqu’un nous joue dans l’utérus sans qu’on ressente la moindre douleur. Après plusieurs minutes de « jouage » dans mon dedans, j’ai entendu « On sort les pieds. Ok. Maintenant, les fesses. C’est bon. Un dernier coup pour la tête » et puis soudainement, à 8h46, Jérôme a poussé ses premiers cris. Avant même que je ne le vois, on s’exclamait déjà devant sa grosseur (« Oh, Madame! Il est vraiment plus gros que le premier celui-là!!!! ») et sur sa chevelure de prince (« Ben oui mais, il a donc ben des cheveux!!!! »). Super chum-papa a quitté mon chevet afin d’aller voir bébé de plus proche et après quelques minutes, on a déposé le plus bel être humain du monde (ex-aequo avec son frère, évidemment) sur moi.

Parce que sachez-le, maintenant, à l’hôpital de Chicoutimi du moins, on tente de rendre la césarienne la plus humaine possible et d’y intégrer les moments de proximité de l’accouchement. Ainsi, lors des césariennes planifiées qui se déroulent bien, il est absolument possible de faire le peau à peau jusqu’à la toute fin de l’intervention en plus d’avoir bébé avec soi à la salle de réveil. Ça été mon cas; j’ai eu Jérôme sur moi le temps qu’on replace mon intérieur et qu’on recoud le tout ainsi qu’à la salle de réveil. Y’a juste eu quelques minutes où j’ai demandé qu’on enlève bébé de sur moi en salle d’opération parce que j’ai eu un épisodes de très fortes nausées qui se sont heureusement envolées comme par magie dès que l’anesthésiste m’a donné un médicament pour les contrer.

À la salle de réveil, bébé est parti quelques minutes avec papa afin d’aller à la pouponnière pour se faire mesurer et peser. Ils m’attendaient à ma chambre lorsque je suis sortie de la salle de réveil, après un peu moins d’une heure. C’est là que bébé a été mis au sein pour la première fois pis il a fait ça like a boss! Vraiment!

De l’amour et pis des pets

Pis voilà. J’avais accouché de mon deuxième enfant. J’avais eu ma seconde césarienne. Tout s’était bien passé. Et le pire commençait… Tsé, le moment où tout dégèle et où tu commences à sentir qu’on t’as ouvert l’abdomen y’a quelques minutes. Le moment où t’es couchée dans un lit avec des solutés sur chaque bras, une sonde urinaire pis des bas de contention.  Le moment où chaque mouvement occasionne une douleur allant de 1 à 5 pis où t’as la vague impression de venir de terminer un match de football dans lequel t’aurais été un plaqueur défensif particulièrement actif. D’un autre côté, c’est aussi le plus beau moment qui commence; celui des premières heures de vie de bébé. Ce moment où le temps semble s’être un peu arrêté et où tu observes sans arrêt ses petites mains et ses petits pieds. Ce moment où tu lui flattes les cheveux doucement et où tu caresses sa peau tellllleeeeeement douce. Ce moment où t’essaies de lui trouver des ressemblances avec papa ou maman en t’extasiant devant la délicatesse et la perfection de chacun de ses traits. Fait que la vie est quand même bien faite parce que le moment le plus difficile, le moment douloureux, ben il est contrebalancé par les plus belles heures de ta vie.

Je suis restée 48 heures à l’hôpital avant d’avoir mon congé. Et tout s’est très bien passé. À peine quelques heures après la chirurgie, même si l’infirmière m’avait fortement suggéré de manger léger, je vidais mon cabaret de dîner comme un goinfre parce que je crevais de faim. J’enlevais aussi ma déprimante jaquette d’hôpital afin de revêtir mes propres vêtements. Le soir même de l’intervention, je me suis levée debout et j’ai soupé assise dans une chaise berçante. Le lendemain matin, on m’enlevait ma sonde ainsi que mes bas de contention et je pouvais (enfin) me déplacer à ma guise dans ma chambre. Bon, je marchais vraiment pas vite et solidement courbée par en avant, mais au moins, je marchais. Je faisais ma préparation thérapeutique quotidienne chaque matin avant déjeuner, religieusement, juste pour pas ressembler d’une maman zombie. Et je faisais aussi des flatulences. Oui, vous avez bien lu: des flatulences (communément appelé des « pets » oubedon des gaz).  Je vous ai promis la vérité, juste la vérité et rien que la vérité pis c’est ça la vérité: une césarienne, ça te joue dans l’bas du corps pis à chaque heure, les infirmières viennent te demander si tu fais pipi et si tu as des gaz, en insistant sur l’importance cruciale et vitale de les évacuer sans gêne, même devant super chum-papa, afin de faciliter la reprise adéquate du transit intestinal. Voilà, vous savez tout.

Le surlendemain de mon opération, lorsque la gynécologue est arrivée, j’étais habillée, coiffée, maquillée, assise dans mon lit et lorsqu’elle m’a dit « Pensez-vous êtes prête à sortir aujourd’hui? », j’ai crié « OUI! » avant même qu’elle ne termine sa phrase. On a remballé nos affaires, on a installé bébé dans son siège et puis on a filé (tranquillement pour pas pogner de nid de poule haha) vers la Maison du Bonheur. Le lendemain de ma sortie, j’ai fait la vaisselle après le souper. Deux jours après, j’ai donné le bain à Jérôme pis je suis allée au CLSC en talons hauts afin de faire enlever mes agrafes. Après trois jours, je cuisinais tous les repas, changeais les couches et jouais à des jeux calmes avec Louis par terre. Pis aujourd’hui, après 12 jours post-opération, je suis allée magasiner avec super chum-papa et bébé, en pleine forme, sans aucune douleur. Je n’ai pris aucun calmant, aucun anti-douleur et je me regarde tranquillement désenflée du bedon (j’en suis au stade « petite bedaine molle » actuellement).

Certaines personnes ont une peur bleue devant l’intervention chirurgicale qu’est la césarienne. C’est vrai que c’est pas l’top. C’est vrai que ce n’est pas l’accouchement rêvé des livres de grossesse. Quoiqu’il en soit, lorsque c’est un passage obligé, sachez que ça peut aussi être un moment doux et plein d’amour. Sachez que ça peut aussi être humain et calme. Sachez que ça fait pas si mal que ça. Sachez qu’en bougeant rapidement on s’en remet vite. Sachez que le personnel médical va vous expliquer comment vous sentir mieux rapidement. Et sachez que vous allez péter.  😉

 

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Comments

  1. C’est un super récit!!!
    On est pas obligé d’être super pucker-degeu-zombie après un accouchement! Tout le
    Monde me disait; calme
    Toi tu vas faire une dépression.. ben non, chère,je vais bien merci de t’inquiéter pour moi. Contente pour que toi , pour vous, que tout ce soit bien passé! Profite de chaque instants avec ta belle petite famille! Votre bonheur me touche. 😊😊

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